Les premières lunettes à double foyer

Vous connaissez sûrement Benjamin Franklin comme l’un des pères fondateurs des États-Unis. Mais savez-vous qu’il est également l’inventeur des verres à double foyer ? La petite histoire raconte en effet qu’en 1784, lassé de devoir jongler entre deux paires de lunettes, l’homme politique et inventeur américain aurait taillé la partie inférieure de ses lunettes pour mieux voir de près, et le reste du verre, pour bien voir de loin. Il aurait ainsi créé les premiers verres bifocaux. Les verres à double, puis à triple foyer, ont longtemps été la solution couramment utilisée pour corriger la presbytie. Leur spécificité ? Disposer de plusieurs zones de correction bien distinctes pour  voir de près et de loin. Plus besoin d’enlever et de remettre ses lunettes pour lire ou écrire. Pas nécessaire non plus de devoir regarder au-dessus de ses montures, ni de les déplacer sur le front, voire, au bout du nez.

Les avancées de l’ingénieur français Bernard Maitenaz

Mais ces verres avaient quelques inconvénients. D’abord, celui de provoquer des « sauts d’image » entre ces deux ou trois zones de correction, rendant la vision intermédiaire imparfaite et inconfortable. Autre difficulté, cette impression bizarre d’instabilité quand on changeait l’angle de son regard. C’était sans parler de leur aspect peu esthétique. Il faudra attendre 1959 pour que la vision des presbytes connaisse un véritable bouleversement. A cette date, et après huit années de recherche sur un verre « à foyer variable de façon continue », l’ingénieur en optique Bernard Maitenaz change la donne en développant le premier verre progressif au monde. Son principe : une géométrie qui permet une augmentation douce et progressive de la puissance de correction, du haut du verre pour voir au loin, jusqu’en bas du verre pour voir de près. Le verre combine les corrections de la presbytie et du défaut visuel s’il existe (myopie, hypermétropie ou astigmatisme), tout en gardant l’aspect d’un verre classique, sans ligne, sans démarcation. C’est une avancée technologique majeure! Les porteurs de lunettes retrouvent une vision “normale” : ils ne forcent ni leurs mouvements de tête, ni la position de leur regard, tout redevient naturel, comme avant.

Des verres personnalisés

On ne nait pas presbyte, on le devient, généralement vers 40-45 ans, voire un peu plus tard. La France compte 29 millions de presbytes. Si vous êtes presbyte, n’hésitez pas à parler de votre mode de vie et de votre environnement professionnel pendant la consultation chez l’ophtalmologiste et lors de la prise de mesure chez l’opticien. Il existe en effet une large gamme de verres progressifs destinés à satisfaire les besoins de chacun en matière de correction visuelle, d’esthétique ou de budget. Systématiquement, l’opticien prend des mesures pour les positionner au mieux : l’écart entre entre vos deux pupilles, la hauteur de votre regard dans la monture choisie. Différents critères peuvent également être pris en compte tels que la distance de lecture par exemple, l’inclinaison et le galbe de la monture, etc… Les verres progressifs peuvent même être adaptés en fonction de paramètres physiologiques qui vous sont propres. Dans ce cas, l’opticien prendra alors des mesures complémentaires (prise en compte de l’oeil directeur, mesure de l’oeil en 3D, etc.) pour personnaliser vos verres.

Une constante évolution

Les usages changent, les technologies aussi ! Ecrans, ordinateurs, smartphones ou tablettes sollicitent plus fréquemment et plus longuement notre vision de près. Pour répondre à ces nouveaux besoins, la technologie des verres progressifs n’a cessé d’être améliorée. Les dernières améliorations en date ont ainsi permis de redéfinir leur ergonomie et de s’adapter aux nouveaux usages quotidiens des presbytes.

Extrêmement actifs et connectés, ils ne veulent surtout pas être ralentis dans leurs activités par des problèmes de vue. Mission accomplie ! Nul doute que les verres progressifs n’ont pas fini de faire leur révolution technologique…et de nous étonner !