Qu’appelle-t-on « basse vision » ?

On distingue les personnes aveugles (atteintes de cécité), des personnes malvoyantes en situation de basse vision qui, même en portant des lunettes correctrices, ont une acuité visuelle inférieure à 3/10.

Cette définition normée, chiffrée, de la basse vision, ne peut pas complètement remplacer une définition plus sensible, en partant du ressenti des individus touchés. La basse vision commence dès que les capacités visuelles affectent l’autonomie. C’est-à-dire quand remplir ses documents administratifs soi-même ou sortir faire une course devient difficile, voire impossible, en raison de sa vue. Des capacités visuelles équivalentes peuvent avoir des retentissements différents selon les individus, leur âge, leur situation, leurs conditions de santé.

Quelles sont les causes de la basse vision ?

La basse vision ou malvoyance peut être congénitale, c’est-à-dire présente dès la naissance, ou survenir après un accident. Mais la plupart du temps, la basse vision est due à une maladie : dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), glaucome, maladie myopique, diabète, rétinite pigmentaire… Des pathologies qui se déclarent souvent assez tard dans la vie, ce qui explique que la plupart des personnes concernées aient plus de 50 ans.

Mon proche est-il atteint de basse vision ?

Certains changements de comportement peuvent être des signes de basse vision. Votre proche peut par exemple :

  • Avoir tendance à égarer des objets 
  • Ne plus reconnaître ses proches dans la rue 
  • Limiter ou abandonner ses passe-temps favoris : télévision, lecture, cuisine, bricolage, jardinage, etc. 
  • Avoir tendance à regarder en face de lui de façon inhabituelle, en tournant la tête de côté 
  • Ne plus sortir ou ne plus conduire dès la nuit tombée 
  • Devenir maladroit 
  • Avoir une attitude différente vis-à-vis de la lumière : vivre dans la pénombre à l’intérieur ou, à l’inverse, devoir allumer un maximum de lampes, être sans cesse ébloui à l’extérieur 
  • Chercher à utiliser toutes les loupes et lunettes qui lui passent sous la main sans qu’aucune ne lui convienne

Face à ces signes, n’hésitez pas : accompagnez votre proche chez un ophtalmologiste.

Comment voit mon proche atteint de basse vision ?

Les limites des capacités visuelles d’un proche atteint de basse vision peuvent être assez compliquées à saisir. Il peut n’avoir aucun mal à lire un livre, remarquer une petite tache sur votre pull, mais ne plus être autonome dans ses déplacements, aussi minimes soient-ils.

La façon dont une personne malvoyante perçoit son environnement dépend en grande partie de sa cause. Par exemple, la DMLA atteint surtout la vision centrale (lecture) alors que la rétinite pigmentaire affecte la vision périphérique (déplacement, marche).

Cet article vous donne les clés pour mieux comprendre la basse vision, et notamment la rétinite pigmentaire !
Rétinite pigmentaire
Cet article vous donne les clés pour mieux comprendre la basse vision, et notamment la DMLA !
DMLA
Cet article vous donne les clés pour mieux comprendre la basse vision, et notamment la rétinopathie diabétique !
Rétinopathie diabétique

Quels sont les professionnels qui peuvent aider mon proche ?

Le parcours commence chez l’ophtalmologiste qui pose le diagnostic et confirme que la vision de votre proche ne peut plus être améliorée à 100 % avec des lunettes de vue. Il prescrit des examens complémentaires et souvent préconise des actes thérapeutiques, puis oriente vers les professionnels qui vont aider votre proche à exploiter au mieux ses capacités visuelles restantes et bien vivre sa basse vision.

Pour cela, votre proche peut consulter :

  • Un orthoptiste, pour mener un travail de rééducation
  • Un opticien, pour trouver les aides visuelles adaptées
  • Un AVJiste (aide à la vie journalière) et/ou un ergothérapeute, pour l’aider à retrouver de l’autonomie au quotidien 
  • Un psychologue, pour l’accompagner dans le changement

Il existe des structures de prise en charge pluridisciplinaires pour adulte comme les SSR (Soins de suite et de réadaptation), les SAVS (Services d’accompagnement de la vie sociale), les SAMSAH (Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés). Il faut se renseigner auprès de la MDPH/MDA (Maison départementale des personnes handicapées/Maison départementale de l’autonomie) de votre département de résidence.

Il est aussi utile de contacter des associations de personnes atteintes de basse vision ou de la même pathologie oculaire.

Quelles sont les aides visuelles pour la basse vision ?

Hors correction optique, il existe plusieurs types d’aide visuelle : celle qui améliore les contrastes, celle qui grossit ce que l’on souhaite voir et celle, en plein essor, qui déchiffre grâce à des technologies numériques.

En intérieur, afin de rehausser les contrastes pour mieux distinguer les formes, comme les lettres par exemple, il faut d’abord un puissant éclairage. L’effet peut aussi être obtenu par le port de lunettes avec des filtres de couleurs. Ce ne sont pas des verres solaires, mais des verres qui filtrent certaines longueurs d’onde et atténuent le spectre lumineux pour mieux faire ressortir les contours. De différentes intensités et teintes, du jaune au brun en passant par l’orangé, ces verres peuvent être correcteurs, adaptés à la vue, ou s’apposer en clip sur des lunettes de vue.

La deuxième catégorie d’aide visuelle consiste à grossir ce que l’on regarde ; ce sont des loupes, des vidéoagrandisseurs et des systèmes optiques qui s’ajoutent aux lunettes de vue.

Enfin, avec la digitalisation, les aides deviennent encore plus performantes. Il existe aujourd’hui des dispositifs électroniques portables qui se fixent sur une branche de lunettes et aident les personnes malvoyantes à déchiffrer des textes, reconnaître des visages, etc. La mini-caméra « lit » les textes pointés du doigt par le porteur, reconnaît les visages familiers, les couleurs et les produits d’utilisation courante. Les informations sont transmises au porteur par le haut-parleur intégré ou par des écouteurs.

Que faire pour aider un proche à vivre avec une basse vision ?

Perdre une grande partie de sa vision est un choc émotionnel. On perd ses repères, sa vie d’avant… C’est pourquoi votre proche peut se sentir abattu et avoir tendance à se replier sur lui-même au début. Pour l’aider à bien vivre ces changements, vous pouvez l’accompagner dans son parcours de soin et, plus généralement, l’aider au quotidien. Attention toutefois à ne pas vouloir tout faire à sa place pour plus d’efficacité : cela peut freiner le développement de son autonomie.

Par ailleurs, selon sa situation, ses ressources et ses besoins, votre proche peut avoir droit à une prise en charge de l’Assurance maladie, obtenir une carte d’invalidité auprès de la Maison départementale des personnes handicapées, recevoir des aides financières, faire adapter son poste de travail, etc. Renseignez-vous !

Vous aimeriez en savoir plus sur les solutions existantes pour mieux vivre sa basse vision ? Lisez l'interview de Ted, opticien spécialisé en basse vision.