Plus de 30% (1) des patients opérés de la cataracte présentent une cataracte secondaire dans les années qui suivent l’intervention. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Même si elle peut donner cette impression, la cataracte secondaire n’est pas une « repousse » ou une « rechute » de la cataracte. Elle n’est pas non plus la conséquence d’une chirurgie mal réalisée. Il s’agit en fait d’une évolution classique de cette opération.

Pourquoi la cataracte secondaire apparaît-elle ?

On parle de cataracte « primaire » lorsque naturellement avec l'âge, le cristallin, la lentille naturelle de l’œil, s’opacifie. La lumière ne le traversant plus aussi bien pour atteindre la rétine, l’acuité visuelle baisse. Durant une chirurgie de la cataracte, le cristallin naturel est retiré et remplacé par un cristallin artificiel. Son enveloppe est toutefois conservée afin de maintenir en place le nouveau cristallin.

Après quelques années au contact de l’implant, cette enveloppe a tendance à s’opacifier à son tour. Résultat : elle empêche à nouveau la lumière de traverser le cristallin et d’atteindre la rétine. C’est ce phénomène que l’on appelle « cataracte secondaire », ou « opacification de la capsule postérieure » en langage plus technique.

Peut-on prédire l’apparition de la cataracte secondaire ?

Vous venez d’être opéré de la cataracte et vous vous demandez si vous serez concerné par une cataracte secondaire ? Il n’y a malheureusement aucun moyen de le savoir à l’avance. Vous pouvez toutefois être attentif aux premiers signes de ce trouble de la vision pour le prendre en charge au plus tôt.

Quels sont les symptômes de la cataracte secondaire ?

Les symptômes évocateurs de la cataracte secondaire sont assez proches de ceux d’une cataracte primaire. Ils apparaissent en moyenne deux ans après l’intervention.

  • Une acuité visuelle qui baisse sur un œil ou sur les deux.
  • Une vision floue, comme dans un brouillard, de façon permanente.
  • Un éblouissement causé par les lumières vives, notamment par les phares de voiture.
  • Une perception « dédoublée » des points lumineux, des ampoules par exemple.
  • Une perception altérée des contrastes et des couleurs.

La cataracte secondaire ne provoque en revanche ni douleur oculaire ni rougeur des yeux. Elle n’est pas non plus source de maux de tête.

Ces symptômes doivent vous amener à consulter un ophtalmologiste. Il pourra confirmer le diagnostic de la cataracte secondaire lors d’une simple consultation, en observant la capsule du cristallin laissée en place lors de l’intervention.

Quels sont les traitements pour la cataracte secondaire ?

En cas de cataracte secondaire, une nouvelle intervention est nécessaire pour restaurer la vision obtenue après la première chirurgie. La bonne nouvelle : elle est encore plus rapide et plus légère que la première !

Le traitement proposé est la « capsulotomie au laser ». Derrière ce terme complexe se cache un geste plutôt simple. L’ophtalmologiste va ouvrir la membrane — ou capsule — opacifiée en son centre grâce à un laser, afin de laisser passer la lumière.

Ce traitement est rapide et indolore. Pratiqué en ambulatoire, il ne dure que quelques minutes. Une seule séance suffit en général et la vision est améliorée dès le lendemain. Les semaines suivantes, des soins — gouttes ou comprimés — sont prescrits par l’ophtalmologiste. Le professionnel fixe également un certain nombre de consultations de contrôle afin d’éviter toute complication.

Le traitement de la cataracte secondaire est-il risqué ?

Les risques et complications de cette intervention sont très rares. Un traitement vous est prescrit d’emblée pour éviter toute inflammation oculaire. Si, dans les jours suivants, une vision floue ou des corps flottants apparaissent, il vous faut consulter sans attendre votre ophtalmologiste. Le déplacement du cristallin artificiel est possible, mais exceptionnel. Tout comme la récidive de l’opacification de l’enveloppe du cristallin.

Vous souhaitez en savoir plus sur la cataracte ? Du diagnostic au déroulement de l’opération, en passant par le port de lunettes après l’intervention, retrouvez tout ce qu’il faut savoir sur ce trouble de la vision dans notre dossier dédié.

(1) SNOF - Fiche d'information « Ouverture capsulaire au laser Yag ».