Lire le journal, suivre son jeu télévisé préféré, cuisiner, jouer aux cartes avec ses amis, sortir faire ses courses… Il est important de ne pas renoncer à ses activités quotidiennes lorsque l’on prend de l’âge. Cela est même essentiel pour conserver son autonomie et sa qualité de vie.

Malheureusement, souvent, la baisse de l’acuité visuelle agit comme un frein et pousse la personne âgée à cesser progressivement de faire ces choses qu’elle appréciait. Une mauvaise vue peut entraîner des erreurs dans la prise de médicaments, favoriser les accidents, les chutes, etc. Elle peut également avoir de sérieuses répercussions sur la santé des plus âgés. Des études scientifiques ont en effet montré que le risque de déclin cognitif (intellectuel) et de dépression pouvait aussi être lié à la perte d’acuité visuelle chez les personnes âgées. 

Pour une personne âgée, bien voir est donc beaucoup plus qu’une simple question de confort.

Une vue bien corrigée

Tous les séniors présentent à des degrés divers des troubles visuels, la plupart dus au vieillissement naturel de l'œil. Mais selon une récente étude de l’Inserm1, chez près de 40% des plus de 78 ans, ces troubles visuels seraient mal corrigés. Pour expliquer ce chiffre, les chercheurs citent un fatalisme qui laisse penser qu’il est normal que la vue décline avec l’âge, ou encore une méconnaissance des aides existantes permettant d’accéder à un équipement optique. 

D’une façon générale, la vue baisse progressivement avec l’âge. Mais, dans l’immense majorité des cas, elle peut être améliorée grâce au port de lunettes adaptées. En vérifiant la vue régulièrement et en renouvelant la correction dès que la vue change, on prévient donc de nombreux désagréments.

A quelle fréquence faut-il aller chez l’ophtalmologiste ?

Il ne faut pas attendre l’apparition de signes de baisse d’acuité visuelle ou même un inconfort pour consulter. Après 65 ans, il est recommandé de faire contrôler sa vue au moins tous les ans, afin de surveiller l’apparition de maladies oculaires.

DMLA, glaucome, cataracte… Toutes ces pathologies apparaissent avec l’âge. Pour préserver la vue, elles doivent être prises en charge et traitées au plus tôt, avant même l’apparition des premiers symptômes. Des signes avant-coureurs de ces maladies des yeux doivent nécessiter un suivi plus régulier ou une consultation en urgence. Il est important de respecter le rythme de rendez-vous demandé par l’ophtalmologiste et de surveiller tout changement dans sa propre vue.

Lui apporter une aide pratique

Parfois, la personne âgée ne peut prendre rendez-vous ou se déplacer elle-même. Aidez-la à organiser ses rendez-vous médicaux (à cet âge, on en a parfois plusieurs par semaine !), proposez-lui de l’y conduire ou souscrivez à un service d’aide à la personne pour le transport. 

Si votre proche réside en établissement pour personnes âgées, renseignez-vous sur les possibilités de transport ou les éventuelles visites de l’ophtalmologiste sur place. Accompagnez-le chez l’opticien et prenez ensemble le temps d’essayer des montures, des lampes de lecture, etc. La sensibilité à la lumière augmentant souvent avec l’âge, incitez-le aussi à choisir des verres de correction photochromiques, ou à prendre une paire de solaires à sa vue pour protéger ses yeux et limiter les sensations d’éblouissement.

Aider votre proche à mieux voir, c’est aussi l’aider à adapter son logement. Et cela peut être aussi simple qu’améliorer l’éclairage en s’assurant qu’aucune zone ne reste sombre, remplacer ses ampoules par des ampoules à LED plus puissantes… Renforcer les contrastes peut aussi être utile, que ce soit sur les écrans ou en choisissant de la vaisselle de différentes couleurs, des étagères sombres sur un mur blanc…

Il faut d’abord comprendre les raisons pour lesquelles votre proche ne possède plus de lunettes à sa vue ou ne consulte pas un ophtalmologiste. Que ce soit par résignation ou appréhension, en parler et proposer votre soutien peut contribuer à débloquer la situation. De même, s’il est atteint d’une maladie oculaire, lui donner accès aux informations concernant sa pathologie peut l’aider à la gérer et à se sentir acteur de sa santé.


  1. Institut national de la santé et de la recherche médicale
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