Ils se sont eux-mêmes baptisés les 3 « O ». On ne parle pas d’un nouveau groupe de musique mais des ophtalmologistes, des orthoptistes et des opticiens ! Ces professionnels de la vision vous accompagnent au quotidien si vous avez des problèmes de vue avec chacun un rôle bien défini.

L’ophtalmo : médecin spécialiste

Ce professionnel de santé, autrefois dénommé oculiste, est le spécialiste de l’oeil et de ses pathologies. Après 6 ans d’études de médecine, il a suivi une spécialisation de 5 à 7 ans supplémentaires. Il est donc formé à détecter les troubles et les maladies des yeux, à les corriger et les soigner. Et pas besoin la plupart du temps de passer par la case médecin traitant. L’assurance maladie prévoit des consultations en accès direct pour la prescription et le renouvellement de lunettes, ainsi que les actes de dépistage et de suivi du glaucome, et enfin pour le dépistage et le suivi de la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge). Dans les autres cas, il est préférable d’être adressé par votre médecin traitant, avec un courrier, cela vous permettra d’être mieux remboursé et d’accéder plus rapidement à l’ophtalmologiste.

Après avoir procédé à une série d’examens, il pose un diagnostic et prescrit des actes thérapeutiques. Il peut s’agir, par exemple, de la prescription de verres correcteurs ou de lentilles de contact. Il prescrit également des médicaments pour soigner une affection et des séances de laser pour certaines affections oculaires. Enfin, il pratique parfois des actes de chirurgie : traitement d’un glaucome, opération de la myopie, de la rétine, des paupières ou de la cataracte.

L’orthoptiste : l’auxiliaire médical

L’orthoptiste est un auxiliaire médical diplômé d’Etat formé en 3 ans après le bac. Cette profession paramédicale est reconnue depuis 1956. Elle est réglementée par le Code de la Santé Publique. L’orthoptiste traite les troubles de la vision chez l’enfant et l’adulte, comme le strabisme, l’amblyopie ou les déficiences visuelles importantes. La rééducation et la réadaptation se font grâce à des exercices moteurs et sensoriels.

Par ailleurs, les orthoptistes peuvent pratiquer de nombreux examens à la demande d’un médecin, le plus souvent ophtalmologiste, comme la prise de photo du fond d'œil (observation de la rétine et du nerf optique) ou le bilan orthoptique (évaluation des capacités visuelles et des muscles oculaires). Ils vont, désormais, dans le cadre de protocoles dits organisationnels, réaliser de plus en plus de dépistages et explorations, afin d’en décharger les ophtalmologistes, lesquels interpréteront ces examens. Ces derniers pourront, ainsi, dédier l’essentiel de leur temps aux diagnostics, aux traitements et à la chirurgie. C’est ce qu’on appelle le travail aidé, où l’orthoptiste est un vrai assistant-collaborateur de l’ophtalmologiste. Souvent, c’est l’orthoptiste qui reçoit en premier le patient et fait l’interrogatoire et certaines mesures comme la prise de la pression intra-oculaire ou la vérification de la réfraction.

Bon à savoir : les orthoptistes pratiquent sur ordonnance médicale, dans leur propre cabinet pour les actes de rééducation et de réadaptation de la vision ; sous la responsabilité d’un ophtalmologiste et dans le cadre de protocoles organisationnels, pour les examens complémentaires d’exploration de la vision ou le suivi de certains patients. Parfois, ces protocoles peuvent être mis en oeuvre en l’absence de l’ophtalmologiste et dans d’autres lieux (cabinet secondaire, hôpital, maison de santé, centre de santé).

L’opticien lunetier : le technicien des équipements optiques

Il est, lui aussi, professionnel de santé, titulaire au minimum d’un BTS, voire d’un certificat de qualification professionnelle (Bac + 3). En France, il est le seul habilité à délivrer des verres correcteurs sur ordonnance. Sa responsabilité consiste à réaliser les équipements correcteurs selon la prescription de l’ophtalmologiste. Il est d’ailleurs capable de pratiquer un examen de la réfraction pour, par exemple, vérifier une ordonnance avant de renouveler un équipement. Il vous conseille dans le choix du type de verres correcteurs, en tenant compte de vos besoins visuels et de vos activités. Il vous accompagne également dans le choix de la monture : la plus adaptée à chacun, à son visage, mais aussi à la typologie de verres préconisés. Il doit vous réadresser à l’ophtalmologiste s’il constate une évolution importante de la correction optique ou une autre anomalie.

A noter : Un changement de réglementation est intervenu récemment.  L’existence d’une ordonnance est obligatoire pour la délivrance de lunettes, mais dans le cadre d’un renouvellement, les opticiens sont autorisés à adapter la prescription et exceptionnellement, en cas d’urgence (comme la perte ou la casse) à délivrer des lunettes sans ordonnance.

La durée de vie d’une ordonnance a été rallongée à 5 ans pour tous entre 16 et 42 ans (sauf mention contraire de l’ophtalmologiste), avant 16 ans, la validité d’une ordonnance reste d’un an, et après 42 ans, de trois ans. L’opticien peut aussi renouveler les lentilles de contact pendant 3 ans, avec adaptation de la correction optique (sans changer le modèle de lentille) chez les adultes de plus de 16 ans, sauf opposition ou limitation notée sur l’ordonnance par le médecin. Sur demande de l’ophtalmologiste, il peut vous apprendre la manipulation des lentilles de contact et leur entretien, la prescription finale des lentilles restant de la responsabilité de l’ophtalmologiste.

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