Vous êtes-vous déjà demandé si vous voyiez les mêmes couleurs que les autres ? Nous, oui ! Ce qui est certain, c’est que les personnes daltoniennes perçoivent les couleurs différemmentLe daltonisme, ou « dyschromatopsie », est une anomalie de la vision qui entraîne une mauvaise perception de certaines tonalités. Attention : il s’agit bien d’une « anomalie » et non d’une maladie oculaire comme le glaucome, ou même d’un défaut de vision tel que la myopie

Daltonisme : une anomalie touchant les cônes capteurs de couleurs

Pour saisir le mécanisme du daltonisme, il faut comprendre comment fonctionne notre vision des couleurs. Celle-ci se fait en plusieurs étapes. La lumière reflétée par les objets autour de nous est transformée en signaux colorés. Ils sont captés par notre rétine*, une membrane située à l’arrière de l’œil. Celle-ci comporte des petites cellules sensibles appelés « cônes », qui se divisent en trois catégories. Chacune capte une couleur fondamentale : du rouge, du vert ou du bleu. Les signaux captés sont transmis au cerveau via le nerf optique. Là, différentes zones du cerveau les décryptent pour nous permettre de percevoir une sensation colorée.

Si vous êtes daltonien, une ou plusieurs des catégories de cônes est absente ou déficiente. Résultat : votre perception d’une ou de plusieurs couleurs est altérée !

*Schéma de l'œil

Schéma de l'oeil avec légende

Un daltonisme, des daltonismes ?

Les cônes présents dans la rétine peuvent être affectés plus ou moins fortement. Il existe donc plusieurs types et degrés de daltonisme :

  • Lorsque l’un des trois types de cônes fonctionne mal, la personne est dite « trichromate anormale »
    Dans ce cas, sa sensibilité à une couleur est diminuée. La personne voit certaines nuances de rouge, de vert et de bleu, mais pas la totalité du spectre.
  • Si un type de cône ne fonctionne pas, la personne daltonienne est qualifiée de « dichromate »
    Dans la majorité des cas, c’est le cône correspondant au vert qui manque. La personne est alors dite « deutéranope ». Concrètement, elle ne peut différencier le rouge du vert et voit principalement des nuances de bleu et de jaune. Si le cône du rouge manque, la personne est appelée « protanope ». Et s’il s’agit du bleu : « tritanope ».
  • Et si aucun cône ne fonctionne ? La personne est « achromate » : elle ne distingue aucune couleur et voit comme dans un film en noir et blanc. Un cas de figure qui reste heureusement assez rare.

Encore plus rare, une poignée de femmes touchées par une variante du daltonisme possèderaient quatre types de cônes au lieu de trois. Résultat : elles distingueraient beaucoup plus de nuances qu’une personne « normale » !

Daltoniens de père en fils

Vous l’avez peut-être remarqué, les personnes daltoniennes ont souvent un parent, un frère ou une sœur qui l’est aussi. Il existe en effet des « familles de daltoniens » car cette anomalie est d’origine génétique et se transmet de façon héréditaire.

La forme la plus courante, qui affecte la vision du rouge et du vert, est transmise par le chromosome sexuel X. Chez les garçons, qui ne possèdent qu’un chromosome sexuel X, il suffit que la mère transmette un chromosome affecté pour que l’enfant soit daltonien. Chez les filles, qui possèdent deux chromosomes X, il faut que chaque parent transmette un chromosome X affecté pour que l’enfant soit daltonienne. Ce cas étant plus rare, cela explique que les femmes soient beaucoup moins touchées par le daltonisme que les hommes. En France, environ 8% des hommes sont daltoniens contre seulement 0,45% des femmes (source : SNOF).

Les symptômes du daltonisme peuvent aussi apparaître au cours de la vie. Il peut s’agir d’une conséquence d’une maladie comme le glaucome, le diabète ou la maladie de Parkinson. La vision des couleurs peut également être affectée à la suite de la prise de certains médicaments ou après un accident ayant endommagé certaines zones du cerveau.

Enfin, s'il est normal avec l’âge de moins bien distinguer les couleurs et leurs nuances, cela n'a rien à voir avec le daltonisme. De plus, la plupart du temps, notre cerveau compense cette perte et nous le remarquons à peine.

Corriger le daltonisme avec des lunettes, c’est possible ?

Des études et essais scientifiques visant à restaurer la vision des daltoniens sont en cours. Si aucun traitement n’existe pour l’instant, des verres colorés et des lentilles de contact destinés aux daltoniens sont toutefois déjà commercialisés. Ces dispositifs peuvent améliorer la perception des nuances.

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