S'adapter à la vision nocturne

Vous allez dire qu’on enfonce des portes ouvertes, mais pour observer le ciel et les constellations, rien de mieux qu’une belle nuit noire. Cependant, cela requiert pour vos yeux une période d’adaptation à la faible luminosité car, contrairement à nos amis les chats, nous ne sommes pas nyctalopes.

Première étape : votre pupille va se dilater et son diamètre quadrupler pour laisser passer bien davantage de lumière qu’en plein jour. Cela prend au moins quinze minutes : l’astronomie demande de la patience mais aussi de l’entraînement. Au fil de vos observations, votre vision nocturne se fera meilleure.

Dans l'obscurité, notre oeil ne fonctionne pas exactement comme en pleine lumière : les bâtonnets et les cônes, les cellules sensibles qui tapissent votre rétine, ont chacun un rôle bien défini. Les premiers qui représentent 95% des cellules sont très sensibles et capables de s’adapter à une faible luminosité. Les cônes sont, quant à eux, les cellules qui permettent de détecter les couleurs. Néanmoins, ils ne composent que 5% de la rétine et ont besoin d'une bonne luminosité pour fonctionner ; c'est la raison pour laquelle la nuit, on ne distingue que des nuances de gris... d'où le fameux dicton " la nuit, tous les chats sont gris" !

Comment observer dans les meilleures conditions ?

Si l’acuité visuelle est votre premier outil d’observation nocturne, il ne faut pas négliger l’environnement dans lequel va se dérouler votre séance d’astronomie. Si vous ne pouvez pas agir sur la météo, on vous conseille néanmoins de choisir une nuit de beau temps avec un ciel bien dégagé !

La pollution atmosphérique a également un impact sur la qualité de votre observation : ainsi, privilégiez un spot éloigné de toutes sources de lumières qui pourraient parasiter votre capacité à observer le ciel... comme une pleine Lune !

Pour ce faire, nous ne saurions que trop vous recommander de vous installer, par une nuit bien noire, en hauteur pour que l’horizon soit bien dégagé, avec une orientation Sud-Est ou Sud-Ouest. Munissez-vous de votre carte du ciel et c’est parti !

Les astuces qui font la différence en vision nocturne

Contrairement aux idées reçues, la vision périphérique (par opposition à la vision centrale de l'oeil) se révèle très utile pour observer le ciel de nuit. En effet, les bâtonnets, sensibles aux faibles éclairages, sont décalés par rapport au centre de la rétine. Par ailleurs, ils sont aussi plus capables de distinguer des objets qui bougent furtivement. Regarder de côté, ou pour le moins, ne pas fixer son regard droit devant soi, est donc recommandé. 

Enfin, si vous portez des lunettes de vue, et que vous utilisez un téléscope, il est recommandé d'enlever vos lunettes (sauf si vous êtes fortement astigmate), parce que vous ferez le point avec votre instrument et n'abimerez pas vos verres de lunettes.

En conclusion :

Pour bien observer, il faut encore savoir quoi observer. Avoir des cibles bien définies est très utile : déterminez quelles sont les constellations - la Grande Ourse, la Petite Ourse, Andromède - et étoiles que vous souhaitez voir à l’oeil nu. Cela vous facilitera la tâche et rendra l'expérience encore plus plaisante.

Pour vous repérer, une carte du ciel vous aidera : si vous avez besoin de la consulter, munissez-vous d’une lampe torche équipée d’un filtre rouge. Ainsi, elle ne troublera pas votre vision nocturne : il serait trop bête de gâcher les minutes consacrées à l’adaptation !

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