Vous avez remarqué qu’il louche ou attrape mal les objets ? Il tourne le plus souvent la tête du même côté ou il est simplement gêné quand vous lui masquez un œil ? Au moindre doute, mieux vaut confier les yeux de votre petit à un ophtalmologiste pour vérifier s’il est atteint d’amblyopie. Aussi appelée « syndrome de l’œil paresseux », cette défaillance d’acuité visuelle n’a rien de dramatique ; le cerveau préfère momentanément le meilleur œil, il va va falloir faire travailler spécifiquement le plus faible. On estime qu’elle toucherait jusqu’à 3% des enfants en bas âge. Qu’est-ce que cela va changer au quotidien ? Comment s’organiser et gérer l’acceptation du traitement par votre enfant, ou sa confiance en lui ? Vous allez voir, il n’y a rien de sorcier !

Un trouble visuel à diagnostiquer avant 6 ans

Sachez que si elle est détectée tôt, l’amblyopie peut être corrigée rapidement et efficacement. Les chiffres sont réconfortants : avant 4 ans, la récupération est totale dans 95% des cas. Pour ne pas passer à côté du diagnostic, on veillera à bien respecter le calendrier de visites médicales conseillé pour les petits. La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande, lors des visites régulières chez le pédiatre, d’effectuer ces contrôles dès la 1re semaine de vie, puis à 2, 4, 9 et 24 mois. Notez que des tests plus efficaces nommés réfraction sous cycloplégique ou Bébé-Vision, effectués par un ophtalmo, permettent de détecter les troubles éventuels dès ses trois mois.

Booster l’œil paresseux

Si le spécialiste diagnostique une amblyopie, on mettra en place le petit plan de bataille. Il va tout d’abord falloir corriger le problème inhérent à l’oeil concerné dont le cerveau n’utilise plus que partiellement les informations transmises. Donc, l’ophtalmologiste va recommander le port de lunettes en cas de myopie, d’hypermétropie ou d’astigmatisme, un traitement du strabisme, ou d’une autre pathologie associée. Puis, parce que le cerveau ne fonctionne plus que sur l’oeil sain, créant un “oubli” de l’œil malade et une perte des capacités mobilisant les deux yeux, il est donc nécessaire de corriger l’œil paresseux en le forçant à travailler. Lunettes et cache-œil sur le meilleur oeil: laissez-vous guider par votre ophtalmo pour mettre en place la meilleure stratégie !

Lunettes, cache-œil et orthoptie : une action à trois niveaux

Le port de lunettes et l’utilisation du cache-œil sont indispensables, ce système occlusif obligeant l’œil paresseux à s’activer un peu. Il va donc falloir déguiser votre petit en pirate (façon Capitaine Crochet !), pendant quelques mois, tout au plus ! Ce dispositif pourra être complété par la gymnastique des yeux, via des séances de rééducation visuelle pratiquées chez l’orthoptiste, afin de rétablir complètement la vision de l’œil capricieux.

Les recommandations du spécialiste :

La vision est un apprentissage : le cerveau apprend à utiliser et à coordonner les deux yeux pour bien voir, entre la naissance et l’âge de 4 à 6 ans (âge où la vision est mature). Parfois, l’apprentissage est perturbé et le cerveau n’utilise qu’un des 2 yeux. Le diagnostic d’une amblyopie est toujours une épreuve pour les petits et leurs parents… Mais il s’agit d’une pathologie avec un taux de guérison très élevé quand le traitement est bien mené. Le port de lunettes (pour donner une image nette) et l’occlusion de l’œil sain (pour stimuler l’œil amblyope) sont très efficaces. Cela vaut le coup de traiter pour plusieurs raisons ! L’utilisation optimale et synchronisée des 2 yeux permet un champ visuel élargi et une vision dans l’espace (en 3D). A l’inverse, une amblyopie crée un déficit qui pourra entraîner des limitations professionnelles et mettre en danger l’enfant sur de nombreux plans ! La motivation des parents et de l’enfant doit être encouragée, tout au long du traitement, jusqu’à la fin de la période d’apprentissage visuel, car, encore une fois, l’amblyopie bien traitée guérit à tous les coups !

Bien choisir son cache-œil

Misez sur le confort, sans oublier le look ! Optez tout d’abord pour un modèle en adhésif ou élastique hypoallergénique, afin d’éviter toute irritation autour de l’œil. Pour parer à tout désagrément, vous pourrez utiliser une crème hydratante après l’avoir enlevé. Il existe par ailleurs des bandeaux colorés que vous décorerez d’autocollants si vous le souhaitez, histoire de renforcer le côté ludique.
La durée de port de l’occlusion sera fixée par votre ophtalmologiste en fonction de la sévérité de l’amblyopie. Avant l’âge de trois ans, il ne faut généralement seulement que quelques semaines ou quelques mois, pour restaurer l’acuité visuelle perdue si le traitement est réalisée avec assiduité.

Imagination et communication pour un meilleur suivi

Pour que le traitement soit efficace, le petit pirate doit être coopératif et vous êtes son meilleur allié ! Première option, dédramatiser la situation avec des livres ou par le jeu et l’imitation. Vous pouvez par exemple équiper son doudou préféré d’un cache-œil ou associer l’accessoire à une activité, voire un moment positif (coloriage, promenade au parc…). La promesse d’utilisation d’écrans (télé, console, tablette, smartphone …) est souvent une excellente source de motivation pour l’enfant : « Tu peux un peu jouer à la tablette, mais uniquement avec ton cache sur l’œil !!! »
On prendra aussi le temps de lui expliquer pourquoi ce nouveau compagnon est nécessaire et comment il va rétablir son acuité visuelle. Il est utile également d’informer son entourage proche (maîtresse, nounou…) pour être soutenu dans cette démarche et éviter les remarques ou railleries des petits moqueurs.

Enfin, rappelez-vous que la science progresse ! Aux Etats-Unis, des lunettes numériques en mode opaque (Amblyz) viennent d’être commercialisées pour faciliter un peu plus encore la correction ou des méthodes de « rééducation cérébrale » commencent à faire leur apparition … À l’abordage !

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