Aujourd’hui, lorsque l’on souhaite faire examiner sa vue ou faire renouveler sa prescription de lunettes, il faut s’armer de patience. S’il suffit généralement de quinze jours pour obtenir un rendez-vous chez un ORL ou un gastro-entérologue, il en faut en moyenne, et sauf urgence, plus de trois mois pour consulter un ophtalmo.

Bien sûr, les délais sont variables d’une région à l’autre : un mois et demi « seulement » pour les Parisiens ou les Niçois, contre près de quatre mois pour les habitants du Grand-Est et plus de cinq pour les Bretons. Mais plusieurs mesures ont été récemment assouplies afin de réduire ces délais d’attente. Le saviez-vous ?

Renouveler ses lunettes sans nouvelle ordonnance, c’est possible !

On peut faire renouveler son équipement directement chez l’opticien, sans nouvelle ordonnance. A quelques conditions cependant :

  • être âgé de 16 à 42 ans,
  • avoir une prescription initiale de moins de 5 ans
  • avoir une vue qui n’a pas significativement évolué.
  • pour les plus de 42 ans, l’ordonnance doit avoir moins de 3 ans.

L’opticien peut même adapter votre correction, si votre ophtalmologiste ne s’y est pas formellement opposé (dans les cas rares de certaines affections).

Deux exceptions importantes : les enfants doivent toujours se rendre obligatoirement chez l’ophtalmo et, si vous êtes presbyte, seul un médecin spécialiste peut prescrire vos premiers verres progressifs, la solution optique idéale pour bien voir à toutes les distances.

Faites votre bilan visuel chez l’orthoptiste

Deuxième mesure qui devrait permettre de réduire significativement les délais d’attente : la délégation de soins des ophtalmologistes aux auxiliaires de santé, afin qu’ils puissent se concentrer sur le diagnostic médical et la thérapeuthique. Ainsi, le champ d’action des orthoptistes a-t-il été élargi. Ils peuvent désormais faire des tests de la vue, appelés examen de réfraction, dans le cadre du renouvellement ou de l’adaptation d’une correction visuelle, chez les patients de 6 à 50 ans ne présentant pas de risque particulier.

Les solutions à l’étude pour atteindre « zéro délai en 2022 »

D’autres mesures sont encore à l’étude, initiée en 2017 par le Syndicat national des ophtalmologistes de France (SNOF). Parmi ses préconisations : l’incitation à l’installation des spécialistes dans les zones désertifiées et une meilleure gestion des rendez-vous avec des créneaux réservés aux cas prioritaires. Le syndicat s’est réjoui des annonces du gouvernement de l’automne 2018 supprimant le numerus clausus limitant trop drastiquement le nombre d’internes en médecine. Il considère en effet que deux fois plus de médecins spécialistes en ophtalmologie devrait être formé chaque année afin de répondre aux besoins aux Français.

Le développement de la télémédecine pourrait permettre aussi à l’avenir de fluidifier les délais d’attente. En perspective, une plus grand fluidité de votre parcours de santé visuelle !

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